
de l'aspect architectural de l'ancienne médina de Marrakech, les Ryads par leur
valeur à la fois historique, civilisationnelle et culturelle, se sont érigés ces
dernières années en un véritable produit touristique...
de l'aspect architectural de l'ancienne médina de Marrakech, les Ryads par leur
valeur à la fois historique, civilisationnelle et culturelle, se sont érigés ces
dernières années en un véritable produit touristique, l'un des plus prisés,
notamment par une clientèle déterminée à rompre avec la monotonie des différents
services offerts par les établissements hôteliers classiques, et donc curieuse
de découvrir ces nouveaux espaces de détente et de loisirs.
Si à l'heure actuelle un intérêt particulier a été accordé à ces maisons
"Caïdales", via notamment leur réfection et réaménagement, leur transformation
en maisons d'hôte par des acquéreurs pour la plupart des étrangers, n'a pas
manqué, en revanche, de susciter le "mécontentement" de ceux qui conservent une
image gracieuse de ces beaux et magiques espaces, qui retracent de belles étapes
de l'histoire des principales villes impériales du Maroc et constituent l'une de
leurs fiertés.
Ainsi, pour l'ancienne génération de la cité ocre, "si de grands efforts ont
été déployés pour la préservation de ces palais autrefois menacés de ruine, des
mesures importantes restent à prendre, dès qu'il s'agit de leur démolition pour
la construction d'édifices plus modernes avec des matériaux qui ne tiennent pas
compte de l'aspect historique et patrimonial de l'ancienne médina".
En outre, pour ces nostalgiques jaloux de la préservation de ces Ryads, qui
constituent une partie de leur passé et de leur présent, tout le problème réside
dans "la nécessité pour les autorités publiques et les parties concernées de
prendre des mesures pour la réglementation de la vente et l'exploitation de ce
patrimoine historique qui remonte au 17-ème siècle".
Dans ce cadre, ils ont soulevé "avec regret" le cas de la démolition de l'un
des plus vieux Ryads de Marrakech pour la construction d'une unité hôtelière
classée, se demandant "s'il ne serait pas souhaitable pour les responsables de
trouver une formule en vue de l'acquisition de ces espaces, tout en offrant aux
propriétaires désireux de vendre, des prix raisonnables avant de procéder à leur
transformation en musées, espaces d'expositions, d'arts et de lecture".
Une telle formule, ont-ils estimé, "serait de nature à préserver de manière
saine et pérenne ces espaces, tout en gardant le cachet historique de l'ancienne
médina et à encourager les curieux à se rendre dans ces lieux pour découvrir la
magie et la splendeur du mélange architectural arabo-andalou".
Vestiges d'un "Paradis perdu" comme les a qualifiées un poète et orientaliste
français de la fin du XIX-ème siècle, ces demeures traditionnelles sont un
condensé de l'architecture traditionnelle marocaine avec tous ses ingrédients
magiques, notamment ses arcs andalous ou arabes, ses gaps "plâtres sculptés"
d'une grande finesse et ses colonnes qui confèrent au bâti une harmonie
parfaite.
Quant à l'exploitation touristique des maisons d'hôtes au Maroc, elle
"remonte à une dizaine d'années et a commencé comme un phénomène discret",
explique M. Abdelhak Ait El Haraj, président de l'Association des maisons
d'hôtes de Marrakech (AMHMS) .
"Ce phénomène a commencé par l'acquisition de Ryads par des amoureux du Maroc
notamment des étrangers désireux de s'installer dans ce pays et qui ont procédé
par la suite à leur rénovation et exploitation à des fins commerciales, ajoute
M. Ait El Haraj dans un entretien avec la MAP.
Puis, cette nouvelle offre d'hébergement touristique est devenue, au fil des
temps, une réalité et la demande a été si importante qu'on a assisté à
l'apparition d'un véritable secteur d'hôtellerie alternative. Le phénomène a
pris des proportions telles que l'on a commencé à parler de la "mode des ryads",
de la "mode de l'artisanat marocain", de la "mode de la qualité de vie
traditionnelle au Maroc", a-t-il poursuivi.
Néanmoins, déplore M. Ait El Haraj, "si ces investissements ont permis de
sauver cet aspect du patrimoine historique de l'ancienne médina et contribuer à
revaloriser et à donner un nouveau souffle à l'économie locale à travers la
préservation de certains métiers d'artisanat et travaux immobiliers, l'absence,
d'une part d'une réglementation bien définie en la matière et l'attrait du gain,
d'autre part, ont fait que certains ryads se sont labellisés "Maisons d'Hôtes"
et ont commencé à "décrédibiliser" cette activité par leurs pratiques douteuses
et leur peu de considération pour les lois en vigueur dans le pays".
Face à cette situation, il devenait nécessaire de mettre fin à "l'anarchie"
qui commençait à s'installer dans le secteur, d'où la création à partir de 2001
de l'AMHMS et ce grâce à l'initiative de plusieurs parties concernées, a indiqué
M. Ait El Haraj qui s'est félicité de l'adoption de la loi 61-00 qui définit
pour la première fois avec précision le concept de la "maison d'hôte".
En outre, et "grâce aux efforts déployés par l'ensemble des intervenants en
collaboration avec la wilaya de Marrakech et le ministère du Tourisme, il a été
procédé à l'élaboration à partir du début 2004 d'une loi sur le classement des
maisons d'hôtes en 1-ère et 2-ème catégories selon des critères qui tiennent
compte notamment du nombre de chambres, de la qualité des prestations offertes,
ou encore de l'accessibilité à ces espaces", a-t-il dit, précisant que la cité
ocre compte actuellement quelque 360 maisons d'hôtes classées.
Toutefois, le plus important reste encore à faire pour donner à ce produit la
place qui doit être la sienne dans une ville foncièrement touristique.
Pour ce faire, M. Ait El Haraj fonde de grands espoirs sur la future
"Fédération nationale des associations des maisons d'hôtes au Maroc" pour
regrouper l'ensemble des professionnels et contribuer ainsi à la promotion de ce
secteur prometteur.
source: MAP
http://www.map.ma
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